La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche publie en mars 2015 une note d’information sur les résultats définitifs de la session 2014 du baccalauréat. 710 700 candidats se présentaient en 2014 et 625 700 ont obtenu l’examen, soit 88% de réussite avec 91% dans les voies générale et technologique et 82% dans la voie professionnelle. La voie professionnelle  rassemble 33% des candidats contre 47% dans la voie générale et 20% dans la voie technologique. En 1980, seulement 26% d’une génération obtenait le bac, ils étaient 63% en 2000, 74% en 2013 et 77,4% en 2014, 35 000 jeunes supplémentaires ont obtenu leur bac en 2014 par rapport à 2013.

Tout le monde s’accorde à constater que cette hausse s’explique par l’augmentation du nombre de bacheliers professionnels, 67 000 en 1995 et 190 000 en 2014. Aujourd’hui un bachelier sur trois est un bachelier professionnel, ce qui n’est pas sans poser de questions pour la réussite dans l’Enseignement Supérieur avec la hiérarchisation constatée des bacs....lire la suite de la lettre n°49.

 

La revue n°29 est parue dans l'espace réservé du site. Elle contient les actes de la journée d'étude "Quels enjeux pour les politiques sociales dans une économie de marché ?".

 

 

La réforme des lycées et les lettres d'information

Editorial Avril 2015

Médecine prédictive : l’avenir peut-il désespérer l’Homme ?

Un récent colloque à l’initiative de la MGEN (1) s’interrogeait sur les promesses et perspectives d’une médecine personnalisée, qui fascine et inquiète, qui fait primer l’inné sur l’acquis, les gènes sur les déterminants environnementaux, culturels et socio-économiques.

L’impatience est grande pour les biens portants, les malades,  mais également, les industriels de la santé et les assurances qui pourraient mieux quantifier les risques et, ainsi, mieux calculer les primes demandées aux clients afin de récompenser ceux qui n’auraient aucune tare !

La cartographie des gènes est désormais une réalité. Le séquençage peut s’effectuer en 10 heures et des conseils génétiques être recommandés avant de concevoir, par exemple.

L’espérance de vie ne peut qu’augmenter. Le rajeunissement est du domaine du possible. Alors, grâce à leur expérience, des centenaires seraient plus productifs que des jeunes commençant leur vie professionnelle.

La médecine moderne était une médecine statistique qui classait les pathologies dans des groupes très larges. La médecine prédictive est aujourd’hui capable de démultiplier les sous groupes dans le but de prescrire de nouveaux traitements plus efficaces.

L’ADN permettrait de prédire les maladies génétiques mais aussi multifactorielles. Il est possible de calculer l’héritabilité de la maladie d’Alzheimer, ou encore de la dépression bipolaire, par exemples.

En scrutant notre ADN afin d’identifier des indices, le pronostic serait affiné, des thérapies cibles possibles et on pourrait éviter, comme le souligne la revue « Science et Santé » dans son numéro 16 de 2013, l’administration de médicaments aux effets secondaires dangereux ou toxiques pour le malade.

Une enquête, menée par « Opinion Way » pour la MGEN entre le 23/2 et le 6/3/2015, a interrogé un panel de 1044 personnes « grand public » et de 1190 adhérents de la MGEN.

Il en ressortait que la majorité des sondés est consciente de la possibilité de déterminer à l’avance les probabilités d’apparition de maladies graves avec des tests génétiques (78% et 87%). Cette majorité se dit prête à réaliser des tests offrant de connaitre la probabilité d’être atteint, dans l’avenir, de maladies comme les maladies cardio-vasculaires, les cancers ou les maladies neurologiques (74% et 68%).

Cette médecine prédictive doit se faire mais, pour les français, pas à n’importe quelles conditions.

Le professeur Jean Claude Ameisen, immunologiste et président du Comité consultatif national d’éthique ne désire cependant pas que les réticences freinent une médecine qui s’avère féconde. Cependant, il  pose la question de l’utilisation et de l’interprétation des données : faut-il les partager ou encore les communiquer aux personnes concernées sans les discriminer, les stigmatiser, écraser leur avenir ? Il faut, selon lui, réinscrire la démarche humaniste dans la science.

Pour Paul-Loup Weil Dubuc, Docteur en philosophie et chercheur à l’Espace éthique d’Ile de France, il s’agit de répondre à un pari qui consiste à dire que l’incertitude est liée à l’incompétence provisoire, ou qu’il existera toujours une part d’incertitude. Ainsi, le rapport au corps peut-il être fait de défiance, de soumission, ou plutôt, de confiance et de maîtrise.

Le débat principal reste celui de la confidentialité des données, de leur sécurité, notamment sur internet, alors que la mutualisation dans d’immenses banques de données, dans un cloud universel, serait la seule réponse à la révolution médicale espérée dans l’intérêt de tous !

(1) Médecine prédictive : défis et enjeux, MGEN, mercredi 25 mars 2015

L’APSMS vous convie dès maintenant à cette réflexion en vous invitant en décembre 2015 à sa prochaine Journée d’étude centrée sur ce questionnement.

A très bientôt !

 

Francis Michaud, Président de l’A.P.S.M.S