La note d'information n°24 du ministère de l'éducation nationale nous communique les résultats provisoires du baccalauréat 2015. Lire le résumé.

Concernant le Baccalauréat ST2S 

22 438 candidats se sont présentés en juin 2015 au baccalauréat ST2S (26 112 en 2014, 26 247 en 2013, 25 958 en 2012). La baisse est de 14,1%. Au total, ce sont 20 565 qui ont obtenu leur examen soit 91,7%contre 90,8% en 2014,  85,2% en 2013 81,4% en 2012, 80,6% en 2011, 76% en 2010, 74% en 2009, 82, 6 % en 2008, 77, 3% en 2007, 78, 5% en 2006 et 76, 4% en juin 2005.

L’augmentation du taux de réussite en un an est de 0,9%, mais le nombre d’admis a baissé de 13,3%.

Danger !

Comme souligné dans de précédents documents, notre série se distingue par la baisse la plus importante du nombre de présentés au Baccalauréat, soit, en une année, moins 3 700 élèves (14%). Cette baisse est significative et généralisée dans toutes les Académies. Ainsi, l’Académie de Grenoble passe de 1 013 en 2014 à 852 candidats présentés en ST2S ou encore Toulouse de 1 112 à 887, Versailles de 1 971 à 1 648.

Chacun pressentait ce mouvement depuis quelques temps , notamment à la suite de la suppression des classes d’adaptation, de politiques rectorales qui ont donné priorité aux Baccalauréats professionnels, ont fermé des sections ST2S et diminué les flux dès la sortie des classes de troisième en direction des Secondes générale et technologique pour certains publics attirés par les stages. Les régions ont aussi encouragé cette tendance en encourageant les formations sanitaires et sociales de niveau 4 pour l’aide à domicile ou encore la politique de la ville.

Des formations post bac plus courtes, moins qualifiées, moins chères, qui hésiterait !


La revue n°30 avec un dossier sur le vieillissement est parue dans l'espace adhérent. Elle contient, notamment, les actes du colloque "Quelles adaptations de la société face au vieillissement ?" du mardi 27 janvier à Metz. 

 


Découvrez le film "Abécédaire de la démocratie sanitaire" !

 

Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) a fait réaliser un film pédagogique (par le réalisateur Juan Gélas) pour sensibiliser le public sur ce que recouvre la “démocratie sanitaire”, afin d’en expliquer les principaux droits qui la fondent, et inciter l’ensemble des usagers à en prendre pleinement conscience pour mieux les exercer. 30 juin 2015.


Dans le BO du 30 avril 2015 sont publiées les missions et obligations réglementaires de service des enseignants des établissements publics d'enseignement du second degré ainsi que les modalités d'attribution de l'indemnité pour mission particulière (IMP). Ces textes reconnaissent l’éventail des missions des enseignants du second degré dont le contenu a évolué et s’est enrichi au fil du temps. Pour en savoir plus…


Résultats du Concours Général 2015

Le Concours Général des lycées a été crée en 1744, il est ouvert aux bacheliers technologiques depuis 1981. 17 165 candidats se présentaient en 2015 dont 168 en STSS (205 en 2013, 178 en 2014). 82 prix ont été décernés ainsi que 101 accessits et 75 mentions pour le Concours général des lycées dans 30 disciplines. Les Académies les plus souvent citées comme l’année passée sont Paris (67 récompenses), Versailles (36), Strasbourg (15). 47 prix, 23 accessits et 1 mention ont été attribuées au Concours Général des métiers.

Prix :

  • Premier prix : Tiffanie ALBERT, Lycée Jean Rostand, Strasbourg
  • Second prix : Manon RICHARD, Lycée Arthur Varoquaux, Tomblaine
  • Troisième prix : Assia BELHADI, Lycée Jean Jaurès, Montreuil

La plateforme FUN (France Université Numérique) est une plateforme de MOOC (Massive Open Online Courses, en français "cours en ligne ouverts à tous"). Elle est mise à disposition des établissements de l’enseignement supérieur français et de leurs partenaires académiques. Lancée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en octobre 2013, cette initiative vise à fédérer les projets des universités et écoles françaises pour leur donner une visibilité internationale, et permettre d'accéder à des cours variés et de qualité, forts utiles pour préparer les cours (notamment en BTS) et l'agrégation. Vous pouvez accéder notamment à :

 
  • "Comprendre la santé publique et le système de santé" EHESP
  • "Comprendre l’exercice de la Justice : panorama des institutions juridictionnelles" Université Paris 2
  • "Défi santé : vos aliments" CNAM
  • "Informatique et libertés sur internet" CNAM
  • "Contrôler une épidémie de maladies infectieuses émergentes" Centre Virchow Villermé
  • "Education aux médias et à l'information à l'ère du numérique (eFAN)" ENS Cachan/Lyon

Tout le monde s’accorde à constater que cette hausse s’explique par l’augmentation du nombre de bacheliers professionnels, 67 000 en 1995 et 190 000 en 2014. Aujourd’hui un bachelier sur trois est un bachelier professionnel, ce qui n’est pas sans poser de questions pour la réussite dans l’Enseignement Supérieur avec la hiérarchisation constatée des bacs....lire la suite de la lettre n°49.


 

 

La réforme des lycées et les lettres d'information

Editorial juillet 2015

Hygiénisme et indigence, Patient expert et Citoyen émancipé

 

Deux logiques, deux politiques, deux dispositifs s’opposent et se croisent en France. Ce, depuis la Révolution française de 1789, où le souhait était de  mettre un terme aux reproductions sociales, aux corporatismes, aux freins, aux charges (déjà !) pour promouvoir les libertés de pensée et d’agir, redistribuer le pouvoir confisqué par les autorités, les notables (déjà !) au peuple.

Cette revendication d’autonomie, espérée par l’entreprenariat de l’époque, qui visait à commercer pour s’enrichir, s’est traduite par une précarisation du plus grand nombre, laissé sans filet de protection pendant un siècle, avant que l’Etat légifère et réglemente, sous la pression de la rue, mais aussi, de différents mouvements politiques, religieux ou sociaux.

Ainsi, un article daté de 1870 sur « l’indigence à Paris et l’assistance publique » soulignait qu’ « en résumé, la société  n’est jamais composée que de deux grandes classes, ceux qui ont plus de diners que d’appétit, et ceux qui ont plus d’appétit que de diners ».

Aujourd’hui, il reste  de cet héritage l’aide sociale, avec ses minimas sociaux et son histoire : chaque commune possède son « carré des indigents », pour accueillir ceux qui ne peuvent pas financer les frais de funérailles, et, dans la simplicité extrême, comme le souligne sur son site internet la fédération des marbriers : pierre blanche et sobre, noms, prénoms et dates du défunt non inscrites et ornements  limités,  mais recueillement et corbillards identiques !

En corrélation avec les préoccupations sociales, le courant hygiéniste s’est appuyé sur les découvertes de Louis Pasteur pour réorienter les pratiques médicales, mais aussi, indirectement, l’urbanisme et l’architecture. Il s’agissait d’éviter la propagation des maladies transmissibles, d’éduquer à la propreté corporelle et à celle de son cadre de vie. L’enjeu de santé publique rejoint celui du social : la salubrité s’associe avec la sécurité et la morale.

Après la tuberculose, d’autres maladies infectieuses ou environnementales menacent, et l’espérance de vie reste un marqueur  des inégalités de santé, malgré un siècle marqué par l’Etat Providence.

Les temps ont cependant changé, comme le souligne Alain Ehrenberg dans un article paru en 2010, dans la revue « Sciences Humaines » : « qu’il s’agisse de recherche d’emploi, de vie de couple, d’éducation, de manière de travailler, de se conserver en bonne santé ou d’être malade, l’action faite de soi-même est celle qui a, à la fois le plus de prestige et le plus d’efficacité, c’est celle à laquelle nous accordons le plus de valeur, qu’il s’agisse d’agir avec efficacité ou de choisir sa vie ».

Ainsi, le malade change de statut. Il devient un patient expert, un acteur de sa santé, grâce à des programmes d’éducation thérapeutique. Depuis 2002, la démocratie sanitaire redonne la parole et l’action à celui qui a été longtemps écarté, par les professionnels de santé, de son propre Bien être.

Ainsi, le citoyen devient l’acteur de sa protection sociale, en choisissant sa couverture sociale, ses cotisations compte tenu de ses risques personnels, de son âge, de son hérédité, et non pas du principe de solidarité, des équilibres démographiques, du chômage…

La protection sociale redevient suspecte, au service des « paresseux », de ceux qui abusent, de ceux qui viennent de l’extérieur.

Les mots ont changé mais l’histoire bégaie. Les cycles apportent des idéologies et des discours semblables, même si rien n’est tout à fait comme avant… Solidarité et individualisme se partagent une vision de la gouvernance et des Hommes qui trouvent toujours leurs limites selon les déterminants économiques, géopolitiques du moment.

L’action sociale est désormais synonyme de responsabilisation des clients, d’émancipation, de projets personnels, de retour à la norme où l’Etat n’est qu’un régulateur, pas un protecteur !

L’initiative et la créativité sont devenues les fondements de la nouvelle société, pas l’assistance !

 

Bonnes vacances à toutes et à tous !

 

Francis Michaud, Président de l’A.P.S.M.S