Les actes de la journée d'étude "Quels enjeux pour les politiques sociales dans une économie de marché ?" paraitront début 2015 dans l'espace réservé du site. 

 

Lire la lettre n°48 de la réforme ci dessous

 

Pour la prochaine session 2015 de l'agrégation externe, 7 postes sont prévus pour la discipline Sciences médico-sociales, sur les 1 940 postes offerts. Les épreuves écrites sont fixées entre le 9 et le 26 mars selon la spécialité.

Réforme des lycées

La lettre n°48 de janvier 2015 

Après la rénovation des programmes de première en septembre 2012, puis ceux de terminale en 2013 et la nouvelle session du Bac ST2S en juin 2014, la réforme du lycée est terminée. Il reste encore à en mesurer ses effets sur l’offre académique de formation et sur l’orientation de nos bacheliers vers l’Enseignement Supérieur.

Les conséquences ont été différentes selon les Académies et  les politiques rectorales. Ainsi, avec la disparition des classes d’adaptation et la transformation des BEP CSS en bacs professionnels ASSP, on peut relever des fermetures de classes ou des flux d’élèves amoindris, sans pour autant mettre en péril le devenir structurel de nos sections ST2S.

Les interrogations portent surtout sur la vision globale de la filière technologique : son identité, qui la distingue de la filière professionnelle, et les perspectives d’orientation post-bac de ses bacheliers.

Dans notre secteur d’activité, il est incontestable que les emplois sont réels mais impactés par les économies à réaliser dans les emplois hospitaliers ou encore dans la protection sociale. Ainsi, les priorités nationales et régionales consistent bien à répondre au vieillissement et à développer, en conséquence, l’aide à domicile et l’accueil en EHPAD.

Cet objectif tend à donner toute leur importance aux emplois d’aide soignant ou de travailleur familial, qui, pour la plupart, ne sont pas qualifiés ou limités en terme de durée d’études.

C’est l’interrogation majeure pour notre avenir, alors que le nombre de places en IFSI risque de diminuer au bénéfice des écoles d’aide soignants et que les autres formations sanitaires et sociales post bac accueillent de nombreux bacheliers généraux S ou ES et, le plus souvent, des étudiants après une ou deux années universitaires. Il faut impérativement élargir le regard de nos bacheliers sur d’autres études (STS, IUT, Université), d’autres métiers de la santé et du social, alors que le Ministère de l’Enseignement Supérieur annonce une nouvelle filière réservée aux bacheliers professionnels....lire la suite

 

Editorial Février 2015

 

Les stages en BTS, vers une alternance intégrative ?

La voie technologique n’est pas la voie professionnelle. Ainsi, les stages ne sont pas au programme de la série ST2S, comme ils ont pu l’être avant 1992, dans la série SMS et « F8 ». Qui se souvient de leur suppression, vécue par certains comme une erreur, au même titre que la disparition de l’enseignement de Bureautique ?

La démarche technologique n’interdit cependant pas toute action de partenariat avec le milieu professionnel, en particulier, lors des activités technologiques, ou encore, pour la préparation des épreuves de première et terminale : Activités interdisciplinaires et Projet technologique.

Certains établissements, par nostalgie ou par volonté pédagogique, ont souhaité proposer aux lycéens des stages d’observation facultatifs en fin d’année scolaire. Ces derniers rencontrent un certain succès auprès des parents et des lycéens.

Les BTS ont tous des stages dans leur programme, en principe un par année universitaire, afin d’appliquer les savoirs acquis au centre de formation. D’autres objectifs sont attendus, comme la connaissance du milieu professionnel, ou encore, l’opportunité de trouver un emploi à la sortie…

Ici, on ne peut pas parler de véritable alternance, car il n’existe  pas de véritables échanges périodiques entre l’école et l’entreprise, l’organisme ou le service qui accueille le stagiaire. On parlera alors d’alternance déductive et juxtapositive.

Ainsi, les stages ne font pas toujours l’objet de réinvestissement pédagogique, en dehors de la préparation des épreuves terminales de l’examen.

Ils sont cependant toujours attendus avec intérêt par les étudiants, même s’ils génèrent également une certaine angoisse, quand il s’agit de trouver un employeur, puis de répondre aux besoins de la structure ou de préparer un projet… L’inquiétude est aussi présente chez le coordonnateur informel de la formation,  qui doit légitimer les conventions de stage, vérifier la compréhension des consignes mais aussi, que tous les documents d’évaluation soient bien rendus en vue de les transmettre aux membres des jurys.

La prégnance des modalités administratives ne doit pas faire oublier que les visites de stage sont un moment précieux pour les enseignants, qui, au titre de  correspondants naturels de leurs étudiants,  se rendent sur le terrain.

Il ne s’agit pas  seulement d’évaluer le stagiaire,  mais aussi de saisir le moment pour mutualiser les expériences et questionnements de chacun, pour se « ressourcer » d’un savoir-faire et d’exigences professionnelles ne trouvant pas toujours leur place dans les salles de classe.

C’est un des rares moments, avec les activités professionnelles en cours d’année, où l’alternance intégrative prend tout son sens.

L’alternance intégrative (1) est celle qui repose sur la co-constructionde dispositifs pédagogiques permettant aux apprenants d’opérer un retour réflexif sur leur pratique, dans le cadre de la formation comme  dans celui du stage.

Elle suppose l’établissement de relations de coopération entre les équipes pédagogiques et les tuteurs. Cette coopération nécessite que chacun accepte de réinterroger ses pratiques et les représentations de sa contribution au processus d’apprentissage.

L’ambition est exigeante. Aussi, la montée du travail d’accompagnement engendre des contraintes et des coûts qui ont pour conséquence une raréfaction de l’offre, déjà observée depuis la loi du 10 juillet 2014 : le versement d’une gratification, à partir de deux mois  consécutifs ou non,  impacte  notre filière. On peut citer en exemple, l’année préparatoire au diplôme de Conseiller en ESF et ses 16 semaines de stage.

L’alternance intégrative reste aujourd’hui un défi pour la formation des étudiants. Pour exister, elle ne se résume pas à la signature d’une convention de site qualifiant et à la réunion annuelle d’une instance technique et professionnelle. Elle implique un esprit partagé par toute l’équipe éducative et nécessite des moyens de coordination et de suivi, trop souvent ignorés par les instances académiques !

(1)   Bref du Céreq, n° 328, décembre 2014

 

Francis Michaud, Président de l’A.P.S.M.S